AIKIKAI DE GIF SUR YVETTE

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Aïkido ou la dynamique du vide

« Une maison est percée de portes et de fenêtres mais c'est son vide qui la rend habitable. » « Les vases sont faits d'argile, mais c'est grâce à leur vide que l'on peut s'en servir. » « Ainsi l'être produit l'utile ; mais c'est le non-être qui le rend efficace... » Tao te king

Photo de stage

Tenter d'expliquer que le vide puisse admettre une dynamique relève d'un défi stupide mais, loin de moi de vouloir convaincre les sceptiques, mon propos sera d'en suggérer la réflexion.

Un art martial, tel que l'aïkido, doit conduire le pratiquant vers l'acquisition d'un mental supérieur permettant de conserver calme, maîtrise et d'agir avec sérénité en toutes occasions.

Pour conserver toute sa valeur d'art, il se doit de rester non conventionnel en opposition à la notion de "sport". Contrairement à ce qu'en pensent ses détracteurs, l'aïkido n'est pas l'occasion d'apprendre à se défendre ou se battre (avec le doute d'une réelle efficacité) mais une possibilité visant à essayer de faire comprendre à un attaquant éventuel l'inutilité de son agression.

Pour ce faire, les techniques utilisées visent à retourner la force d'une attaque contre elle-même, l'emprisonnant dans sa propre dynamique et la conduisant jusqu'à son épuisement. En un mot : "le vide": « Le plus puissant des coups dans le vide ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau... » En n'opposant aucune résistance, on asservit une force jusqu'à son annulation. Il va de soi que l'on conçoit difficilement de s'entraîner à créer le vide, mais au lieu d'opposer le physique au mental, il paraît plus judicieux de les allier pour un avantage maximum.

Dans ce cas, les techniques d'aïkido n'admettent d'autres limites que celles de la disponibilité du corps et de l'esprit (sans intention de combat, ni esprit sportif, comme les compétitions).

La première étape consiste à faire le vide de nos peurs (peur de la mort, douleurs), de la soumission de notre corps à notre esprit (réflexes, émotions) et de nos intentions de nous élever au-dessus de tout (idée de combat, lutte). La deuxième étant de "fusionner" avec un attaquant pour le suivre dans ses moindres intentions, annulant ainsi l'idée de rapport de force. Créons le vide devant un mouvement, ce qui aura pour effet d'attirer celui-ci dans un "tourbillon" au centre duquel nous devons être comme l'oeil du typhon au milieu de la tourmente.

Les "taï-sabaki" (déplacements du corps par effacements ou pivots) en seront un des moyens et les "kokyu" en seront l'utilisation à notre avantage. (Expansion du souffle condensé). Tâche ardue que la réalisation parfaite de ces principes anti-conventionnels qui donnent pourtant l'accès à une nouvelle manière d'être à l'Aïkido-Ka.

La non résistance (qui ne veut pas dire passivité) engendre l'harmonie avec l'univers dans un ensemble de paix et d'équilibre. Le concept du Hara, difficile à admettre pour le néophyte, conduit le pratiquant sur une voie (DO) au-delà des limites du corps ou de l'esprit, mais au bout de laquelle se trouve l'efficience de l'être dans son unité et dans la puissance de toutes ses facultés. La dynamique du vide ne représente pas l'opposition entre le positif (action) et le négatif (vide), mais la complémentarité de ses deux états.

Une technique ne peut s'appliquer qu'à partir d'une "attaque" et aboutir que dans une seule limite : la fusion avec celle-ci sans émotion ni opposition de force. En jouant le rôle de miroir, peut-être arriverons-nous à faire apparaître l'inutilité de la violence et sa laideur.

Maurice Vo-Van

PS: Certaines citations sont extraites du livre sur l'aïkido d'andré Protin, éditions Danglès, collection "Horizons spirituels'; que je remercie.

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